Monastère Ardenica

Un trésor parmi les monuments orthodoxes albanais, le monastère Ardenica, surnommé le « château de la Myzeque », contient des peintures remarquables signées de la main de maîtres. C'est en son sein que le héros national Skanderbeg célébra son mariage en 1451.

Histoire

Après le siège de Berat en 1281, l'empereur byzantin Andronikos II Palaiologos fit construire le monastère Ardenica pour commémorer sa victoire face aux Angevins. Certaines parties du domaine sont cependant plus vieilles, notamment la chapelle de la Trinité que l'on considère avoir été érigée au Xe siècle. Le lieu aurait été le site d'un ancien temple païen en l'honneur d'Artémis, d'où le nom Ardenica.

Skanderbeg épousa Donica Arianiti au sein du monastère Ardenica en avril 1451. Ce mariage avait un intérêt diplomatique important, l'audience comprenait des membres de la ligue de Lezha, des seigneurs albanais et serbes, ainsi que des représentants du royaume de Naples, de la République de Venise et de la République de Raguse. 500 cavaliers en armes furent mobilisés à l'occasion. En 1743, sous l'influence du religieux Nektarios Terpos, de riches commerçants de Moscopole financèrent la création de l'église principale dédiée à la Nativité de la Vierge Theotokos. Une fresque de la chapelle montre une prière prononcée par l'abbé : « Virgjin ë Mame eperndis uro prë nee faj torëte ». C'est la première inscription en albanais trouvée dans une église orthodoxe.

Les terres agricoles exploitées en son sein et sa situation proche de la Via Egnatia favorisèrent le développement du monastère Ardenica. Le domaine devint un lieu d'échanges culturels et un grand centre intellectuel. Il contint une bibliothèque avec plus de 32 000 ouvrages et assura la formation de nombreux religieux. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, des cours en langue albanaise furent conçus, rejoignant le mouvement de renaissance nationale Rilindja Kombëtare. Le monastère Ardenica participa activement à la fondation de l'Eglise orthodoxe autocéphale d'Albanie qui eut la reconnaissance du Patriarcat de Constantinople en 1937.

En 1932, la bibliothèque fut ravagée par un incendie. De nombreux manuscrits précieux furent détruits. Quelques pièces de valeur purent néanmoins être récupérées, dont un exemplaire en grec de l'Ancien Testament datant du XVIIIe siècle. Le monastère Ardenica perdit peu à peu sa vocation d'enseignement après cet événement. Des laïcs se chargèrent par la suite de l'administration du domaine. En 1957, l'évêque orthodoxe Irene Banushi, qui influença grandement l'opposition religieuse vis-à-vis du régime communiste d'Enver Hoxha, y fut placé en internat. En 1967, sans son intervention, le site aurait pu être détruit par des étudiants. Le monastère ferma ses portes au culte et aux visiteurs à partir de 1969. Il servit brièvement de base militaire, puis fut érigé monument culturel albanais avant de devenir un centre de loisirs en 1988. L'Eglise reprit sa gestion en 1991 et des moines s'y établirent de nouveau en 1996.

Le monastère d'Ardenica aujourd'hui

Le monastère Ardenica se situe à environ 18 km au nord de la ville de Lushnjë. Il compte parmi les édifices orthodoxes les plus remarquables en Albanie. Le monument positionné en hauteur, dans un bel environnement naturel, offre des vues saisissantes. Le complexe monacal couvre un terrain de 2 500 m², entouré de hauts remparts et desservi par un immense portique voûté de 1474. Le site adopte un style d'architecture byzantin, tout en intégrant des éléments de l'art roman. Il comporte diverses parties : une église principale (catholicon), la chapelle de la Trinité, une maison d'hôtes (konak), des écuries, une boulangerie, un moulin à huile, etc.

La chapelle de la Nativité de la Vierge Theotokos

L'église se trouve au centre du monastère. Lors de sa construction, les architectes se sont référés au modèle d'une basilique byzantine classique, avec une toiture en tuiles. Ils ont, à l'occasion, utilisé des matériaux venant du site d'Apollonie d'Illyrie. Le narthex au sud supporte un clocher de 24 m de hauteur et conserve une fresque du Jugement dernier. A l'intérieur de la chapelle, des colonnes en bois séparent en deux rangées les différentes parties de la nef centrale. En plus du mobilier remarquable, l'iconostase en bois ravit les yeux avec ses éléments polychromes et en or sculptés. Celle-ci a été soigneusement taillée en 1744 par des talentueux artisans de Moscopole.

Les icônes et fresques du monastère Ardenica

Le peintre Konstantin Shpataraku, une grande figure de l'école de Korça inspirée par la Renaissance italienne, a réalisé la majorité des icônes du monastère Ardenica. La deuxième icône à gauche des « portes royales » représente la Vierge Theotokos mettant au monde l'Enfant. Vous y trouverez également des représentations du Christ en Croix, avec un air résigné comme le veut la tradition byzantine, ainsi que du Christ Pantocrator ou « Tout-puissant » posé sur son trône. Deux fresques rendent hommage à des souverains, notamment le prince serbe Saint Jovan Vladimir et le seigneur albanais Karl Thopia. L'artiste Gjon Çetiri a également laissé une œuvre au sein de l'église, mais son icône de Saint Georges combattant le dragon a été transférée au Musée national d'Histoire à Tirana. Les Zografi quant à eux ont peint une illustration des Sept apôtres de Bulgarie qui ont répandu le christianisme en Albanie et auprès des Slaves à partir du IXe siècle. Enfin, ne manquez pas le portrait de Saint Jean Coucouzèle, un éminent musicologue qui contribua à l'enrichissement de la musique sacrée byzantine.

Comment s'y rendre ?

Le monastère se situe sur la SH67, à 8 km de Fier et à 18 km de Lushnjë où vous pouvez trouver des bus et des services de location de voiture.

Horaires

Tous les jours de 7 h à 19 h 30, l'entrée est gratuite. Pour soutenir le lieu, vous pouvez acheter des brochures auprès des résidents.

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