Musée national d’iconographie d’Onufri

Musée national d’iconographie d’Onufri

Musée national d’iconographie d’Onufri

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Culture & patrimoineHistoireMusées4 min de lecture

Installé dans l'église de la Dormition au cœur du château de Berat, le musée d'Onufri rassemble 200 icônes et les Codex de Berat inscrits à l'UNESCO.

Le Musée national d'iconographie d'Onufri occupe l'église de la Dormition de Sainte-Marie, dans l'enceinte du château de Berat. Sa collection de 200 pièces — icônes, objets liturgiques, sculptures sur bois — retrace cinq siècles d'art religieux albanais, du XIVe siècle aux années 1930.

Pourquoi visiter ce musée

Le musée concentre l'essentiel du patrimoine iconographique post-byzantin de l'Albanie. Il porte le nom d'Onufri, peintre et iconographe albanais du XVIe siècle dont les œuvres marquent un tournant dans l'art religieux balkanique par leur palette de rouges et leur rendu des visages. Au-delà des icônes, deux manuscrits majeurs — les Codex de Berat — sont inscrits au registre Mémoire du Monde de l'UNESCO. La visite combine art sacré, architecture post-byzantine et histoire religieuse, le tout dans un cadre exceptionnel : le château habité de Berat, classé par l'UNESCO.

Histoire du musée et de l'église

Le musée a été créé en 1986 dans l'église de la Dormition de Sainte-Marie, au cœur du château de Berat. La cathédrale aurait été bâtie en 1797 sur le site d'une ancienne église byzantine, selon des inscriptions visibles en son sein. Le bâtiment illustre l'architecture post-byzantine typique de la région, avec son plan basilical et ses décorations sculptées.

Le nom du musée rend hommage à Onufri, artiste albanais du XVIe siècle considéré comme l'un des grands maîtres de l'iconographie post-byzantine. L'établissement est géré par le Berat Museum Center, sous tutelle du Ministère de la Culture d'Albanie, qui assure également la conservation et l'archivage des collections.

Que voir au musée

La collection rassemble 200 objets provenant pour l'essentiel des monastères et églises de Berat. Les pièces les plus anciennes datent du XIVe siècle, le fonds couvrant ensuite chaque siècle jusqu'au XXe. Aux côtés des nombreux peintres anonymes, plusieurs iconographes majeurs sont représentés : Onufri et son fils Nikolla, David Selenica, Adam Kristo, Onufër Qiprioti, Kostandin Shpataraku, ainsi que les artistes de la famille Çetiri (Nikolla, Gjergji, Naumi, Joani, Ndini, Gjergji i riu). Les objets liturgiques ont été façonnés par des joailliers albanais au fil des décennies.

L'iconostase et les reliques

L'iconostase « Le sommeil de Sainte Marie », réalisée en 1807, est l'une des pièces majeures du musée. Son décor combine principes baroques caractéristiques des Balkans aux XVIIIe-XIXe siècles et motifs issus de la tradition byzantine. Les sculptures en bois de l'église datent du début du XIXe siècle et sont l'œuvre de Stefan Barka de Misras d'Opar et Naum Ngjela de Lavdari d'Opar.

Près de l'iconostase, une arche en bois conserve les reliques de Saint Gorazdi et Saint Angjellari, élèves de Saint Méthode et Saint Cyrille, qui ont enseigné l'évangile aux IXe et Xe siècles.

Les Codex de Berat

Les deux manuscrits exposés sont inscrits au registre Mémoire du Monde de l'UNESCO :

  • Codex Purpureus Beratinus (VIe siècle) — l'un des plus anciens manuscrits évangéliques connus, écrit en lettres d'argent sur parchemin pourpre
  • Codex Aureus Anthimi (IXe siècle) — manuscrit rédigé à l'encre d'or

Les icônes à voir en priorité

  • « Evangelization » (XIVe siècle, anonyme) — la pièce la plus ancienne, provenant de l'église évangélique du château
  • « L'apparition du Christ au temple » par Onufri (XVIe siècle) — détrempe sur panneaux de noyer, issue de l'église Saint Triadha
  • « Sainte Marie avec le Christ » par Onufri — œuvre de type Hodigitria, représentative du style du maître
  • « Dernière Cène » ou « Cène mystique » (fin XVIIIe, anonyme)
  • « Saint Demetrius » par Kostandin Shpataraku (XVIIIe) — traitement moderne des couleurs et des contrastes
  • « Source de vie » (XVIIIe, anonyme) — combinant des références à deux confessions, elle illustre la coexistence religieuse en Albanie
  • « L'ascension du prophète Élie » par Agathangjel Mbrica (1929) — exemple de la technique du battage

Informations pratiques

Le musée se trouve dans l'enceinte du château de Berat (Kala), sur la colline qui surplombe la ville. L'accès se fait à pied depuis l'entrée principale du château, via une montée pavée d'environ quinze minutes depuis le centre-ville.

  • Durée de visite : comptez 1 h à 1 h 30 pour parcourir la collection
  • Horaires : ouvert toute l'année, avec des plages élargies en haute saison (mai à mi-octobre) et plus restreintes en basse saison ; fermeture partielle en début de semaine en hiver — vérifiez les horaires en cours sur place ou auprès du Berat Museum Center
  • Tarif : entrée à un prix modéré, billet séparé du droit d'entrée au château
  • Photographie : généralement non autorisée à l'intérieur pour préserver les pigments

Quand visiter

Le musée est accessible toute l'année. Les mois de mai-juin et septembre-octobre offrent un bon équilibre entre temps clément et fréquentation maîtrisée. Juillet et août concentrent l'essentiel du tourisme à Berat ; mieux vaut alors visiter en début de matinée. L'hiver reste possible : le château est moins fréquenté, mais certains horaires sont réduits.

Comment s'y rendre

Berat est reliée au reste du pays par les routes SH72 et SH73, qui relient la ville à Fier et au littoral adriatique. Depuis Tirana, comptez environ 2 heures de route. Des bus et furgons (minibus) circulent quotidiennement entre Tirana, Durrës, Vlora et Berat. Une fois en ville, l'ascension jusqu'au château se fait à pied ou en taxi.

À proximité

Le château de Berat lui-même mérite une exploration approfondie : c'est l'une des rares forteresses encore habitées d'Europe, avec ses ruelles, ses églises byzantines et ses points de vue sur la vallée de l'Osum. Au pied de la colline, le quartier de Mangalem et celui de Gorica donnent à Berat son surnom de « ville aux mille fenêtres ».

Le Musée ethnographique de Berat, également géré par le Berat Museum Center, occupe une maison traditionnelle du XVIIIe siècle dans le quartier de Mangalem. Sur deux étages avec loggia, il reconstitue l'intérieur d'un foyer urbain albanais : porche, salle de repos, cuisine, salle à manger.

Pour prolonger la découverte du patrimoine albanais, plusieurs sites complètent la visite :

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Le musée occupe l'église de la Dormition de Sainte-Marie, située à l'intérieur du château de Berat (Kala), sur la colline qui domine la ville.
Une heure à une heure trente suffisent pour parcourir la collection. Si vous combinez avec l'exploration du château, prévoyez une demi-journée sur place.
Onufri est un peintre et iconographe albanais du XVIe siècle, considéré comme une figure majeure de l'art post-byzantin dans les Balkans. Il est notamment reconnu pour sa palette de rouges et le traitement expressif des visages.
Non, l'entrée du musée fait l'objet d'un billet séparé. Le ticket reste à un tarif modéré.
Les deux Codex (Purpureus Beratinus et Aureus Anthimi) font partie des collections présentées au musée. Inscrits au registre Mémoire du Monde de l'UNESCO, ils sont conservés dans des conditions strictes.

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