
Butrint
Butrint
Site UNESCO au sud de Saranda, Butrint superpose 2 500 ans d'histoire entre lagune et collines. Conseils, tarifs et accès depuis Corfou.
Rendez-vous à Butrint tôt le matin, avant l'arrivée des touristes, pour admirer une scène hors du temps. Lorsque les premiers rayons du soleil frappent les rochers, les murs patinés de la cité abandonnée dévoilent des secrets de vies anciennes. Située à moins de 20 km au sud de Saranda, cette cité antique classée au patrimoine mondial de l'UNESCO concentre 2 500 ans d'histoire dans un cadre naturel préservé, entre lagune, collines boisées et canal côtier.
Butrint en bref
| Pays | Albanie (sud, région de Saranda) |
| Statut | Site UNESCO depuis 1992, Parc national depuis 2000 |
| Distance | 20 km au sud de Saranda, 2 km du détroit de Corfou |
| Durée de visite | 2 à 3 heures pour le site archéologique |
| Atouts | Vestiges grecs, romains, byzantins et vénitiens superposés |
| Tarif d'entrée | Environ 1 000 lekë (≈ 10 €) pour les adultes |
| Horaires | 8h-19h en été, 9h-16h en hiver (vérifier sur place) |
| Accès | Bus depuis Saranda, ferry depuis Corfou puis route côtière |
Histoire de Butrint
Origines
Les premiers peuplements de Butrint remontent à la fin de l'âge du bronze. Le site demeura probablement un petit hameau de pêcheurs à l'âge sombre. Les Chaoniens, une tribu grecque d'Épire, fondèrent la ville au milieu du VIIe siècle av. J.-C. Ils bâtirent un fort sur une colline et lui donnèrent le nom de Buthrotum. Les Romains s'emparèrent de la cité en 167 av. J.-C., avant de la céder à l'Empire byzantin, suivi de la République de Venise dans les siècles à venir. Au Moyen Âge, les habitants abandonnèrent peu à peu la ville à cause des marécages environnants.
Les découvertes archéologiques à Butrint
En 1928, le gouvernement fasciste de Benito Mussolini mit en œuvre une première expédition archéologique à Butrint pour marquer la suprématie italienne dans la région. Les recherches furent dirigées par l'archéologue italien Luigi Maria Ugolini qui, malgré les intentions politiques derrière la mission, effectua son travail dans les règles du métier. Les fouilles continuèrent après son décès en 1936 jusqu'en 1943, durant la Seconde Guerre mondiale.
Lorsqu'Enver Hoxha accéda au pouvoir en 1944, le gouvernement communiste albanais interdit les expéditions archéologiques étrangères dans le pays. Les travaux furent exclusivement menés par des scientifiques albanais, dont Hasan Ceka. Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev explora les ruines en 1959 et proposa à Hoxha d'y créer une base sous-marine. Dans les années 1970, l'Institut albanais d'archéologie entreprit des recherches de plus grande envergure. La Fondation Butrint de Lord Rothschild, dont le siège se trouve au Royaume-Uni, soutint le projet à partir de 1993.
Après le déclin du communisme en Albanie en 1992, le gouvernement démocratique naissant prévit différents travaux importants à Buthrotum. Après la crise politique et économique dans le pays en 1997, l'UNESCO décida de classer le site au patrimoine mondial en danger à cause du pillage et du manque de protection de la zone.
Butrint dans la littérature
Virgile, dans son œuvre majeure « l'Énéide », évoque les anciennes portes de la cité de Buthrotum, qu'Énée compare aux portes de Scées à Troie. Le héros troyen y fait escale après la chute de Troie, ancrant Butrint dans la mythologie fondatrice de Rome. Buthrotum est également le siège du Palais de Pyrrhus, où Racine situe sa tragédie « Andromaque ».
Butrint aujourd'hui
Butrint, anciennement appelé Buthrotum, se trouve à 2 km environ de la rive est du détroit séparant Corcyre du continent. Les ruines vieilles de 2 500 ans logent dans un cadre naturel au sein du Parc national de Butrint.
Les vestiges découverts après la Seconde Guerre mondiale comprennent des bassins romains, un théâtre antique, une chapelle datant du Ve siècle et une basilique du VIe siècle. La Porte du Lion et la Porte Scaean sont à ne surtout pas rater durant la visite du site archéologique. Les fouilles réalisées entre 1994 et 1999 ont permis de déterrer des villas romaines, ainsi qu'une église paléochrétienne. La forteresse médiévale construite au XIVe siècle fait aujourd'hui office de musée.
À quelques encablures à l'est de Butrint, vous trouverez le vieux lac Palodes où moules et poissons vivent en abondance. La masse d'eau est reliée au détroit de Corcyre par le canal de Vivari. Au nord de la cité, la péninsule de Poseidium s'étire sur environ 5 km et frôle le continent au lieu nommé Dema.
Que voir et que faire à Butrint
Parcourir le site archéologique
La visite suit un sentier balisé qui traverse l'agora grecque, le théâtre antique adossé à la colline, le baptistère paléochrétien aux mosaïques géométriques (souvent recouvertes de sable pour les protéger) et la basilique du VIe siècle. Comptez 2 heures pour couvrir l'essentiel, 3 heures si vous prenez le temps de monter à la forteresse vénitienne.
Visiter le musée de la forteresse
Au sommet de l'acropole, la forteresse médiévale du XIVe siècle abrite un petit musée archéologique. Vous y verrez les pièces majeures issues des fouilles : statues romaines, monnaies, céramiques grecques. La terrasse offre une vue dégagée sur la lagune et le canal de Vivari.
Photographier la Porte du Lion
Ce passage fortifié taillé dans la pierre tient son nom du bas-relief représentant un lion attaquant un taureau. Avec la Porte Scaean évoquée par Virgile, c'est l'un des éléments les plus photographiés du site.
Découvrir l'amphithéâtre romain
Adossé à la pente naturelle de la colline, l'amphithéâtre romain conserve une partie de ses gradins et de sa scène. Construit au IIe siècle, il pouvait accueillir près de 1 500 spectateurs. C'est l'un des vestiges les mieux préservés du site, et un point d'arrêt incontournable du sentier de visite.
Explorer le Parc national de Butrint
Au-delà des ruines, le parc s'étend sur près de 9 400 hectares de zones humides, forêts et littoral. Une balade en bateau sur le canal de Vivari permet d'observer hérons, cormorans et tortues d'eau. Le lac Palodes et la péninsule de Poseidium offrent aussi des sentiers à arpenter en demi-journée.
Quand visiter Butrint
La meilleure période s'étend de mai à juin et de mi-septembre à octobre. Les températures restent agréables (20-27 °C), la végétation est verte et les groupes de croisiéristes venus de Corfou se font moins denses qu'en plein été.
Juillet et août concentrent l'affluence : le site peut accueillir plusieurs milliers de visiteurs par jour, et la chaleur dépasse 32 °C. Si vous voyagez à cette période, arrivez à l'ouverture pour profiter du calme et de la lumière rasante. L'hiver reste praticable mais humide, avec des journées courtes et certaines zones boueuses après les pluies.
Où dormir près de Butrint
Aucun hébergement ne se trouve sur le site même. La plupart des voyageurs logent à Saranda (20 km) ou Ksamil (10 km), qui offrent un accès direct par bus ou taxi.
- Guesthouse familiale (15-30 € la nuit) : chambres simples chez l'habitant à Ksamil ou en bord de mer à Saranda. Petit-déjeuner souvent inclus, accueil chaleureux, idéal pour les voyageurs au long cours.
- Boutique-hôtel (60-120 €) : établissements rénovés en front de mer à Saranda, avec piscine, terrasse panoramique et restaurant méditerranéen. Bon compromis confort/charme.
- Lodge ou villa haut-de-gamme (150 € et +) : villas privatives à Ksamil avec accès direct à la plage, vue sur les îlots et services à la carte. Adapté aux voyages en couple ou en famille recherchant l'intimité.
Comment se rendre à Butrint
Butrint est reliée à Saranda par une route côtière rénovée durant l'été 2010 pour réduire son impact environnemental sur le parc national. Depuis Saranda, des bus publics partent toutes les heures environ et rejoignent l'entrée du parc en 30 minutes. Le taxi reste une option pratique (15-20 € l'aller-retour avec attente).
Depuis Corfou, des ferries quotidiens et des hydroglisseurs relient l'île grecque à Saranda en 30 à 90 minutes selon le bateau. À l'arrivée, des autocars affrétés et le bus public mènent au site archéologique. C'est l'itinéraire choisi par la majorité des visiteurs internationaux, qui transforment ainsi leur séjour à Corfou en excursion d'une journée sur la riviera albanaise.
Conseils de notre expert local
- Arrivez à l'ouverture (8h) : les groupes venus de Corfou débarquent vers 10h30. Les deux premières heures sont les plus calmes et les plus photogéniques.
- Achetez votre billet à l'entrée : comptez environ 1 000 lekë (≈ 10 €) par adulte. Pas de réservation en ligne, prévoyez un peu de monnaie locale.
- Prévoyez de bonnes chaussures : les pierres antiques sont glissantes, surtout après la rosée du matin ou une averse.
- Apportez de l'eau et un chapeau : les zones ombragées sont rares sur la partie haute du site, et il n'y a qu'une buvette à l'entrée.
- Combinez avec Ksamil : à 10 minutes en voiture, ses plages turquoise font un contrepoint parfait à la matinée archéologique.
- Demandez à voir les mosaïques du baptistère : elles sont protégées sous une couche de sable, mais un guide local peut parfois en dégager une partie sur demande.
Butrint, c'est pour qui ?
- Passionnés d'archéologie et d'histoire antique : peu de sites au monde superposent autant de civilisations sur un même périmètre.
- Amateurs de nature : le parc national offre observation d'oiseaux, balades lagunaires et paysages méditerranéens préservés.
- Voyageurs en escale depuis Corfou : Butrint se visite très bien sur une journée depuis l'île grecque.
- Voyageurs culturels en solo : le site se parcourt à son rythme, avec un livret ou un guide à l'entrée, et reste sûr toute la journée.
- Familles avec adolescents : la lecture des vestiges (théâtre, amphithéâtre, forteresse, portes) parle aux jeunes lecteurs de mythologie ou de Virgile.
À découvrir aussi
La région de Saranda recèle d'autres trésors qui se combinent naturellement avec une visite de Butrint : les plages turquoise de Ksamil, la source karstique de Syri i Kaltër (l'œil bleu) et la riviera albanaise jusqu'à Himara. Pour préparer un itinéraire plus large mêlant côte ionienne, montagnes et villes-musées, consultez notre guide complet de l'Albanie. Notre expert local de l'agence pourra aussi assembler une journée Butrint + Ksamil + Syri i Kaltër au départ de Saranda ou de Corfou.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Comptez 2 heures pour parcourir l'essentiel du site archéologique à pied, et 3 heures si vous incluez le musée de la forteresse vénitienne et une courte balade dans le parc national.
Le billet d'entrée coûte environ 1 000 lekë (≈ 10 €) par adulte, à régler sur place. Le site ouvre généralement de 8h à 19h en été et de 9h à 16h en hiver. Les horaires peuvent évoluer selon la saison, mieux vaut vérifier à l'entrée du parc.
Prenez un ferry ou un hydroglisseur depuis le port de Corfou jusqu'à Saranda (30 à 90 min). De Saranda, un bus public ou un autocar affrété rejoint l'entrée du site en 30 minutes. L'excursion à la journée depuis Corfou est l'option la plus courante.
Butrint a été inscrit au patrimoine mondial en 1992 pour la rare superposition de civilisations sur un même site : grecque, romaine, byzantine, vénitienne et ottomane. Il a été classé en péril en 1997 avant d'être retiré de cette liste après les efforts de conservation.
Selon Virgile dans l'Énéide, le héros troyen Énée fit escale à Buthrotum après la chute de Troie. Il y rencontra Andromaque et Hélénus, et compara les portes de la cité à celles de Scées. Butrint s'inscrit ainsi dans le récit fondateur du monde romain.
Mai-juin et septembre-octobre offrent le meilleur équilibre : températures douces, végétation verte, affluence raisonnable. Évitez juillet-août si vous redoutez la chaleur et les groupes de croisière.
Oui, des guides francophones et anglophones proposent leurs services à l'entrée du site. Un livret explicatif est aussi remis avec le billet. Pour une lecture approfondie des vestiges, le guide reste le meilleur choix.
Une buvette se trouve à l'entrée du site. Pour un vrai repas, les tavernes de Ksamil (à 10 minutes) servent poissons frais et cuisine albanaise face à la mer Ionienne.
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