
Musée national de la photographie Marubi
Musée national de la photographie Marubi
À Shkodër, le Musée Marubi rassemble plus de 500 000 négatifs signés par trois générations de photographes, témoins de l'Albanie du XIXᵉ siècle au communisme.
À Shkodër, dans le nord-ouest de l'Albanie, le Musée national de la photographie Marubi conserve l'une des plus riches archives photographiques des Balkans. Fondée par l'Italien Pietro Marubi au milieu du XIXᵉ siècle et poursuivie par ses fils adoptifs, la dynastie Marubi a documenté pendant plus d'un siècle la société albanaise, des dernières décennies ottomanes au régime communiste d'Enver Hoxha.
Pourquoi visiter le musée Marubi
La collection rassemble plus de 500 000 négatifs, ce qui en fait l'une des archives visuelles les plus complètes de la région. Les clichés couvrent des thématiques rarement réunies ailleurs : portraits de notables et de paysans en costume traditionnel, scènes de rue à Shkodër, indépendance albanaise de 1912, guerres balkaniques, Seconde Guerre mondiale et décennies communistes.
L'intérêt du lieu tient aussi à sa muséographie. Les espaces ont été repensés lors de la rénovation de 2016, avec une scénographie sobre, des tirages soigneusement éclairés et des dispositifs interactifs qui donnent accès à environ 51 000 images numérisées. Le bâtiment lui-même, conçu à l'origine par l'artiste et architecte Kolë Idromeno, fait partie du patrimoine architectural de la ville.
L'histoire de la dynastie Marubi
Pietro Marubi arrive à Shkodër en 1856, fuyant l'Italie après son engagement dans les mouvements révolutionnaires. Il y ouvre le premier studio de photographie albanais, baptisé Dritëshkronja — littéralement « écriture de lumière » — dont l'enseigne extérieure portait la mention Foto Marubbi. Sans descendance directe, il forme à son métier ses fils adoptifs : Kel Marubi (également connu sous le nom de Mikel Kodhell), son assistant, puis Gegë Marubi, fils de Kel.
Trois générations se relaient ainsi derrière l'objectif. Sous le régime communiste, alors que les activités privées sont interdites, Gegë Marubi cède à l'État l'ensemble du fonds : photographies, négatifs et appareils. La Photothèque Marubi est officiellement créée en 1970 comme section du musée municipal de Shkodër. En 2003, elle passe sous la tutelle du ministère de la Culture albanais, avant la rénovation complète qui aboutit à la réouverture du musée le 9 mai 2016.
Que voir dans les collections
Le parcours s'organise autour de deux niveaux et de deux ailes interconnectées : la bâtisse historique, classée, et une extension moderne abritant l'Archive nationale de la photographie ainsi que les espaces administratifs.
Les trois salles d'exposition permanente
Au premier étage, trois salles présentent les œuvres des trois Marubi en suivant un parcours chronologique et thématique. On y retrouve :
- des portraits de figures religieuses, de musiciens et de personnalités politiques de l'époque ;
- des scènes de la vie quotidienne à Shkodër et dans le nord de l'Albanie ;
- des clichés de paysans en costumes folkloriques régionaux ;
- des images de révolutionnaires, de combattants et de scènes de rue ;
- du matériel d'origine : objectifs, chambres photographiques et accessoires de studio.
Salon vidéo et bibliothèque
Au rez-de-chaussée, entre les deux ailes, un salon vidéo et une bibliothèque permettent de prolonger la visite : enregistrements audio, documentaires et ouvrages portent sur l'histoire de la photographie en Albanie, les biographies des photographes et les techniques utilisées. Des écrans tactiles intégrés aux baies vitrées donnent accès à l'archive numérique.
Expositions temporaires
Le rez-de-chaussée accueille également des expositions temporaires, qui mettent en avant un fonds spécifique, un photographe contemporain ou un thème lié à l'histoire albanaise. Le programme change plusieurs fois par an.
Informations pratiques
- Localisation : centre historique de Shkodër, à proximité de la rue piétonne Kolë Idromeno.
- Durée de visite : comptez 1h à 1h30 pour parcourir l'ensemble des salles, davantage si vous explorez l'archive numérique.
- Horaires : ouverture en journée du lundi au dimanche, fermeture les jours fériés. Vérifiez les horaires actualisés avant votre venue, car ils varient selon la saison.
- Tarifs : entrée à prix modéré, avec réductions pour étudiants et groupes.
- Visites guidées : disponibles en français, italien, anglais et albanais, sur réservation.
- Accessibilité : la nouvelle aile dispose d'aménagements ; la partie historique présente quelques marches.
Comment se rendre au musée Marubi
Shkodër se situe à environ 90 km au nord de Tirana. Depuis la capitale, plusieurs options permettent de rejoindre la ville :
- En bus ou minibus (furgon) : départs réguliers depuis le terminal nord de Tirana, trajet d'environ 2 heures.
- En voiture : par l'autoroute SH1, comptez 1h30 à 2h selon la circulation.
- En taxi collectif : solution plus rapide mais plus coûteuse, à négocier au départ.
Une fois à Shkodër, le musée se rejoint à pied depuis la plupart des hôtels du centre. La ville est compacte et se parcourt facilement, à pied ou à vélo.
À voir autour
Shkodër constitue une bonne base pour explorer le nord de l'Albanie et les Alpes albanaises. Plusieurs sites complètent une visite culturelle dans la région :
- Le Musée national historique de Tirana, pour replacer la collection Marubi dans l'histoire générale du pays.
- Le Musée national d'iconographie d'Onufri, à Berat, autre étape majeure du patrimoine albanais.
- Le monastère de Saint Naum, près du lac d'Ohrid, pour une approche du patrimoine religieux des Balkans.
- La péninsule de Karaburun et le parc national de Germenj pour prolonger le séjour côté nature.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Comptez 1h à 1h30 pour parcourir les trois salles permanentes et les expositions temporaires. Si vous consultez en détail l'archive numérique de 51 000 images via les écrans tactiles, prévoyez 2 heures.
Oui, des visites guidées sont assurées en français, italien, anglais et albanais. La réservation préalable est conseillée, surtout en haute saison.
Le fonds rassemble plus de 500 000 négatifs, dont environ 51 000 ont été numérisés et sont consultables sur place via les dispositifs interactifs.
Photographe italien arrivé à Shkodër en 1856, il y ouvre le premier studio photographique d'Albanie, Dritëshkronja. Il forme ensuite ses fils adoptifs Kel et Gegë, qui poursuivent l'activité sur trois générations.
Oui, les dispositifs interactifs et la richesse des portraits historiques rendent la visite accessible aux adolescents. Pour les plus jeunes, la durée reste raisonnable.
Préparer votre voyage
Le musée Marubi s'inscrit naturellement dans un itinéraire culturel à travers le pays. Pour construire votre séjour autour des grandes étapes patrimoniales et naturelles, consultez nos suggestions de voyage en Albanie.
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